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7 novembre 2004

Un petit conte...

Il était une fois une princesse vivant dans un lointain royaume. Un jour, un prince est arrivé et a demandé la main de la princesse au roi. Comme celui-ci aimait sa fille de tout son coeur, il dit au prince qu'il n'accorderait la main de sa fille qu'à condition que celle-ci soit vraiment amoureuse de ce-dernier. Un peu pris de court mais déterminé à conquérir la belle, le prince décida de lui faire la cour. D'abord, il tenta de l'aborder alors qu'elle se promenait dans les jardins. Charmée par ses belles manières, la princesse lui accorda une promenade et tous les deux passèrent l'après-midi parcourant les grandes terres du palais et discutant de tout et de rien. Peu à peu, les deux jeunes gens se rapprochèrent et au bout de quelque temps, décidèrent de se fiancer. Fou de joie, le prince couvrit sa belle d'attention. Celle-ci baignait dans le bonheur. Elle était tombée amoureuse du jeune homme et se plaisait dans la calme relation qu'ils avaient établi.

Les mois passèrent...

Puis, un jour, le roi remarqua que sa fille perdait le goût des choses. Elle ne sortait plus, n'allait plus se promener avec son prince et perdait patience pour un rien. Inquiet, il alla voir sa fille.

"Ma chérie, que ce passe-t-il?", lui dit-il en entrant dans sa chambre, "Tu ne sors plus, tu ne vois personne."
La jeune fille éclata en larmes et se jeta dans les bras du roi.
"Oh père! Mon coeur me fait si mal!"
Un peu dérouté, le roi prit sa fille dans ses bras et se mit à la bercer doucement. Il craignait que sa fille et son gendre se soient disputés.
"Allons allons, dit-moi tout."
"Je ne sais plus quoi faire! Je crois que je ne suis plus amoureuse du prince!"
Surpris, le roi ne dit rien et continua de réconforter sa fille.
"Quand je ne suis pas avec lui, je veux le voir! Mais lorsque je le voit, je ne veux que partir très loin de lui!"
"Ah, voilà donc pourquoi tu refuses ses invitations depuis des semaines," dit le roi.
La princesse en pleurs hocha de la tête.
"Mais ma chérie, dans ton coeur, lorsque tu penses au prince, que ressens-tu?"
La jeune fille ne répondit rien.
"Je vais te laisser le temps d'y penser," dit le roi en se levant. "Jusque là, tâche de reprendre un peu de goût pour la vie."

Après cette conversation, la princesse accepta de sortir un peu. Elle entretint de petites séances avec ses dames de compagnies mais refusa toutefois de voir son fiancé. Dérouté, celui-ci acceptait la situation de bonne grâce mais ne pouvait s'empêcher de se sentir un peu abandonné. Un jour, à bout de patience, il alla voir le roi.

"Votre majesté! La princesse refuse de me voir depuis des semaines! Que se passe-t-il?"
Le roi, gardant son calme, incita le prince à la patience.
"Ma fille est jeune, prince. Elle a besoin d'être sûre de son amour avant de dédier sa vie à la vôtre."

Le prince comprit le sens des paroles du roi et se retira. Toutefois, il n'arrivait pas à concevoir comment la princesse n'arrivait pas à être sûre de l'amour. Pour lui, c'était un sentiment si fort et si clair. Il venait de lui-même et il n'y avait pas demi-mesures. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine frustration. Pourtant, au nom de cet amour, il fut patient.

Entre-temps, le roi était retourné voir sa fille.
"Alors, as-tu regardé au fond de ton coeur?" lui dit-il.
"Père, lorsque je pense au prince, je vois une personne avec un coeur d'or et une patience sans limites. Quelqu'un qui peut m'offrir une vie stable et tranquille. Il est beau, intelligent, toutes des qualités qui en font quelqu'un de cher à mes yeux..."
"Mais?," ajouta le roi, voyant l'hésitation de sa fille.
"Mais mon coeur ne ressent rien d'autre que cet amour pour lui! Je ne peux pas lui accorder l'amour qu'il désire puisque je ne le considère pas comme "la" personne spéciale pour moi! Oh c'est si terrible!"
À ce stade, la princesse avait recommencé à pleurer. Le roi la prit dans ses bras et la berça doucement.
"Tu sais ma chérie, il n'y a pas de mal à cela. Les sentiments ne sont pas quelque chose que l'on peut contrôler ni analyser avec un livre. Il n'y a pas de mode d'emploi pour l'amour et tout le monde le ressent d'une manière différente. Si tu ne te sens pas à l'aise avec le prince, rester avec lui ne fera qu'accroître ton malaise avec le temps. Ta mère disait toujours: "Être bien avec quelqu'un ne se pratique pas. Si tu n'es pas bien maintenant, tu ne le seras jamais."
La princesse pleura de plus belle.
"Oh mais père! J'étais si bien avec lui il y a quelques semaines, c'est ce qui me rends si triste et confuse!"
"Ma fille, peut-être avez-vous atteint un stade dans votre relation que tu ne souhaites pas dépasser. Peut-être est-il arrivé à la ligne que seulement la personne la plus importante pour toi arrivera à franchir sans que cela ne te cause tant de désarroi."
La jeune fille renifla un peu et essuya ses larmes.
"Une chose avant de partir," dit le roi, "Le prince est sincèrement épris de toi. Il serait juste pour lui de ne pas trop le laisser dans le vague."

Quelques jour plus tard, le prince reçu une visite d'un messager lui annonçant qu'il était invité dans les appartements de la princesse. À la fois heureux et inquiet, le prince se présenta à la porte, quelques moments plus tard. La jeune fille l'attendait tranquillement assise dans le salon.
"Votre majesté."
"Prince, je ne passerai pas par quatres chemins," commença la princesse, "Ce que j'ai à vous dire relève de la plus haute importance."
"Prin..."
"Non, s'il-vous-plaît," coupa la jeune fille, "Laissez-moi dire ce que j'ai à dire jusqu'au bout."
- Voilà, il y a longtemps que l'on ne s'est vu, vous le savez et mon attitude envers vous ne fut pas juste. Pour cela, je tiens à m'excuser. Toutefois, après avoir longuement réfléchi et regardé au plus profond de mon coeur j'ai compris que les sentiments que j'avais envers vous n'étaient pas de ceux qui me permettraient de passer ma vie à vos côtés."
La princesse continua pendant de longues minutes, consciente de la douleur qu'elle infligeait au jeune homme. Finalement, lorsqu'elle eut fini, il prit la parole avec une désinvolture déroutante.
"Je me doutais bien, ma chère, que cela arriverait. Je ne savais juste pas quand."
Son calme apparent inquiétait la princesse. Elle s'excusa de nouveau et tous deux se quittèrent sur ce qui semblaient être de bons termes. Bien-entendu, la princesse se doutait que le prince ne prendrait pas la chose aussi sereinement qu'il n'y paraissait. Toutefois, elle ne savait pas à quel point.

Pendant les semaines qui suivirent, le prince fut irrascible. Il se montrait cinglant avec les domestiques et les habitants du château. Pire que de se cloîtrer dans ses appartements et de passer son ressentiment sur ses meubles, il rôdait les couloirs et embêtait tout le monde. Au bout d'un moment, le roi en eut assez et convoqua ce-dernier.

"Prince, je comprend votre désarroi, toutefois, il serait sage de ne pas vous en prendre aux autres."
"Comment osez-vous me dire ça!?" s'exclama le prince. "Contrairement à votre fille, me croyez-vous obtus au point de masquer mes sentiments au profit des autres! Je n'agirai certainement pas comme si de rien n'était! C'est mal me connaître votre majesté!"
"Je ne vous demande certainement pas d'aller à l'encontre de vos sentiments, prince," dit le roi patiemment. "Mais vous devez comprendre que chaque être humain ressent l'amour de façons différentes et que chaque être humain a une façon différente de vivre une rupture. Il est puéril d'accuser la princesse d'hypocrisie de la sorte alors que vous êtes aveuglé par votre colère."
Le prince, à ce stade, en avait plus qu'assez de se faire sermoner. Il ne comprenait pas le point de vue du roi. Il ne lui paraissait pas rationnel et franchement pas dutout en accord avec ses propres principes.
"Je suis la victime ici!," s"exclama-t-il. "Aux dernières nouvelles, c'est moi qu'on a planté là!"
Le roi secoua la tête.
"Vous avez tout à fait raison monsieur, mais ce n'est pas une excuse pour faire de la princesse le bourreau que vous croyez qu'elle est. Elle a été honnête avec vous et ses sentiments. Dans votre colère, vous justifiez vos agissements par cette même qualité en prenant soin, toutefois, de faire remarquer à tous comme il est bizzare, ou absurde, que ma fille se comporte de manière joviale et énergique. Cela ne vous a-t-il jamais traversé l'esprit que c'est peut-être comme ça qu'elle vit la situation? La traiter ainsi, telle la pire des hypocrites, est je crois, monsieur, une insulte fort injuste. Tout cela est bien égoiste de votre part."
-Vos sentiments sont justes prince et votre colère aussi, mais prenez gare de ne pas vous y perdre. L'univers n'a pas créé les humains différents pour rien. Il faut apprendre à comprendre et à laisser comprendre. C'est là autant une faiblesse qu'une grande force.

Le prince ne pouvait réprimer son ressentiment mais il reconnaissait la logique et la justesse des paroles du roi. Il prit donc congé et partit du château peu après. Bien sûr, il était toujours un peu en colère mais il apprennait à vivre avec sa douleur un peu plus chaque jour et peu à peu, elle se dissipa.

Tous vécurent heureux et s'ils eurent des enfants, l'histoire ne le dit pas.

Bonne nuit à tous.
Montana's Gal