Ceci est une transcription d'un rêve que j'ai fait la nuit entre le 26/27 janvier 2009.
Les étoiles signifient un changement de scène qui n'a pas nécessairement de sens avec ce qui la précède ou la suit.
Je suis désolée si l'écriture est parfois sèche mais les scènes défilaient, je ne voulais pas oublier ce rêve et de plus, je suis sûre que vous savez tous que parfois, certains moments durent des siècles alors que d'autres passent rapidement même si en réalité, ils ne sont que très brefs.
Bonne lecture.
Era – Flowers of the Sea
Je me suis réveillée lentement. Le lit était chaud, tout blanc et une autre personne s’y trouvait, assoupie, vulnérable. Un homme. Un homme jeune, blond, au corps ferme et beau à regarder. Il me souriait et j’ai réalisé que j’étais blottie contre lui. Remontant le long du matelas, je sorti ma tête de sous la couverture et lui sourit aussi. Tout ce que je savais vraiment, c’était que je désirais rester comme cela avec lui. Je ne voulais rien d’autre que le plus de contact physique avec lui. Peau contre peau, chaleur contre chaleur. Nous étions nus et cela n’avait aucune importance.
La conversation était simple, je ne me rappelle plus de quoi nous parlions, lorsque nous fûmes brutalement interrompu par quelqu’un tirant d’un coup sec sur la couverture. C’était sa sœur, une petite chose maigrichonne et blonde également.
Era- Sombre Day
Elle était en colère. Elle voulait que je quitte le lit de son frère et quoi que nos actions n’étaient rien de moins qu’innocentes, elle avait peur. Elle avait peur que je ne lui ôte son cher frère, que je n’accapare l’attention qu’il lui réservait normalement. J’étais une étrangère chez elle. Elle ne savait pas comment m’aborder.
Nous l’ignorions un peu, continuant de nous lover sous les couvertures, tentant de nous toucher le plus possible sans lui causer trop d’alarme. Néanmoins, alors que je m’allongeais à ses côtés, collée contre son flanc, la tête sur sa poitrine chaude et avec le bruit rythmique de son cœur sous l’oreille; alors qu’avec son bras, il encerclait ma taille, couvrait mon dos et m’entourait de sa chaleur; alors que nous avions trouvé la position la plus confortable offrant le maximum de contact, elle s’écria :
« Hé, tu pourrais enlever ta tête de là! »
Ce que je fis, simplement en tournant la tête au creux de son épaule alors qu’il me lançait un regard d’excuses pour la remarque acerbe. Je souris, ça n’était plus vraiment confortable maintenant.
***
Nickelback – Gotta be somebody
Le groupe se rassemblait autour des voitures. Une vieille Pontiac Transport beige avec les pare-chocs noirs en plastique très sale et une petite Jetta noire 4 portes qui ressemblait plus à la vieille Honda Civic de V qu’à une Volks. Presque tout le monde était là; V, Rick, Yan, ma sœur et d’autres que je n’identifiais pas. Nous devions partir, il fallait se rendre chez Vince.
Les routes, en chemin, longeaient la montagne. Tout m’étais familier, usuel. Néanmoins, les chemins ressemblaient à ces routes d’Italie à flanc de montagne. La terre était verte, couverte de végétation. Il faisait un peu gris, comme si Dame Nature n’était pas certaine si elle allait faire pleuvoir ou non.
Éventuellement, il a fallu arrêter pour « tanker ». Néanmoins, la première station n’avait plus de régulier, seulement du diesel mais personne ne pouvait utiliser ça. Nous sommes donc parti à la recherche d’essence plus loin.
La deuxième station n’avait plus de diesel mais le suprême et le régulier n’étaient pas un problème. Alors que les autres s’occupaient de la camionnette, je me mis à remplir la Jetta. Le pistolet était vieux et tout noir et l’essence qui en sortait était rouge/rose. Le « nosle » que je plaçai dans l’embout de la voiture ressemblait un peu à un fer à friser pour cheveux, rond avec une « palette » pour retenir les cheveux (dans ce cas-ci, je ne sais quoi mais il s’abaissait quand je tirais sur la gâchette). La « hose » coulait juste à la jonction du pistolet. Je retirai le tout le la voiture sans lâcher la détente dans l’espoir d’ajuster la pression pour l’empêcher de couler mais l’essence continuait de couler très rapidement, le flot rouge/rose faisant de l’écume, comme s’il se ruait dans le réservoir à toute vitesse. Je replaçai le tout contre la voiture. Si j’avais tiré le pistolet plus loin, j’aurais renversé du carburant partout.
Je me souviens de l’odeur de l’essence…
Dark Moor – Silver Lake
Pendant que je remplissais le réservoir, ma sœur vint me parler un peu. Pas longtemps après, un groupe de jeunes « gangster » nous aborda. Ils voulaient savoir d’où on venait, où ont allaient, si on était intéressées par eux bref. Toutes les deux, en un concert d’entente de « sœurs » nous refusâmes la proposition d’un bloc. Ils s’éloignèrent en grognant.
Ma sœur était venue me dire que Benjamin avait fait une crise. D’ailleurs, je constatais qu’autour de moi, il y avait soudainement une espèce d’activité urgente au sein de mes compagnons de voyage. Délaissant ma sœur et la Jetta, je partis vers le dépanneur, sachant d’instinct où il s’était réfugié et sachant également que Ben était un loup-garou et que sa crise de disait rien qui vaille.
Des’ree – Kissing You
Le petit backstore était sombre. À ma droite, un long comptoir couvert de papiers, de nourriture et d’objets variés avec au fond, un évier double tout blanc avec une fenêtre sale nichée juste au-dessus. Sur ma gauche, des armoires et deux réfrigérateurs. Près de l’évier, il y avait tout une tas de papiers couverts de colonnes et de tableaux. Ça ressemblait à une feuille de temps pour le nettoyage des toilettes dans les restaurants. J’en ramassai un paquet; c’était une feuille d’horaire pour Noël qui venait juste de passer.
Dans l’évier, il y avait un grand bol rempli de mélange à gâteau au chocolat et d’œufs qui n’avait pas été bien mélangé. Les coquilles gisaient sur le comptoir tout près des feuilles de temps. La lumière qui filtrait par la fenêtre jaunie était faible et donnait à l’endroit un air de cabanon abandonné.
Je me tournai vers le plus petit des réfrigérateurs et l’ouvrit.
Coldplay – Fix You
Il était là, niché au coin du réfrigérateur, un air de terreur absolue sur son visage. Quand il me vit, cet air changea pour un d’irritation.
- Ben, faut que tu sortes de là-
- Non! Tu sais c’qui va arriver si je sors!
- Allez, c’est la nouvelle lune, ça devrait être correct.
- Non! Je le sens, la crise s’en vient et si je perds la tête, je sais que je vais blesser quelqu’un. J’veux pas ça!
Son corps tremblait tout entier. Il était couvert de sueur, je la voyait rouler sur son crâne chauve, le long de son nez pour se nicher dans le creux juste au-dessus de sa lèvre supérieure. Il fallait que je le sorte de là, mais je savais que cela prendrait de la patience et beaucoup de douceur. Ben avait les yeux bleus, bleus poudre, bleu bébé mais ces yeux allaient devenir complètement noirs s’il perdait la bataille contre la vague de transformation qui le traversait.
Je continuai de faire la conversation doucement dans l’espoir de le calmer suffisamment. Au moins assez pour le sortir du frigo quand deux filles entrèrent. Je fermai la porte du frigo un peu. Pas assez pour que je ne puisse plus voir Benjamin mais assez pour ne pas qu’elles ne le voient. De toute façon, elles ne portaient pas attention à moi.
Elles étaient grandes, bronzées avec de longs cheveux bruns/noirs et paraissaient matures. Elles discutaient joyeusement comme si je n’existais pas. Je leur tournai le dos et recommençai à parler avec Ben. Il était terrifié par les nouvelles arrivantes.
- Ben, Ben! Regarde-moi!
Il essayait de m’écouter mais ses yeux se détournaient constamment vers les filles derrière moi. Elles avaient décidé de continuer le gâteau et une mélangeait le mix avec ses doigts gantés de caoutchouc jaune.
- Ben, regarde-moi. Ne regarde rien d’autre, concentre-toi sur moi!
Je voulais qu’il se concentre sur moi parce que je voulais le calmer par la force pure de ma volonté. Je voulais accaparer suffisamment de son attention pour que la crise passe. J’espérais vraiment que les filles partent!
Je ne me souviens plus qui le dis, la compagne de celle qui mélangeait le gâteau ou moi mais un commentaire sur les dangers des œufs crus, comme quoi c’était cancérigène leur donna la motivation de cesser leurs activités et elles partirent précipitamment.
Je soufflai de soulagement et ouvrit la porte du frigo plus grande. La situation était plus urgente que jamais. Ben devait sortir de ce frigo et nous devions repartir!
Evanescence – Lithium
Une surprise m’attendait derrière le battant de la porte et je sursautai. La propriétaire du dépanneur était là, un air irrité sur le visage. C’était un petite femme grassette aux cheveux poivre et sel coupés très courts. Elle jetait à Benjamin des regards remplit de dégoût et de méchanceté.
- On m’a averti que quelque chose de louche se passait dans mon backstore.
- Ah?
- J’ai suivit les traces de sang et j’ai abouti ici. Vous pouvez m’expliquer ça?!
Il n’y avait aucune possibilité de sang dans ce scénario, je n’en avais pas vu en entrant et Ben était seul dans le frigo! Cette femme suspectait ce qui se passait et avait peur. Elle ne comprenait pas suffisamment le phénomène et cette part d’inconnu la rendait agressive. Elle voulait qu’on parte rapidement et j’étais d’accord. Mais Ben devait sortir du frigo d’abord!
- Écoutez, je ne vois pas de quoi vous parlez. Il n’y a pas de sang par-terre.
- Vous voulez que j’appelle la police c’est ça?!
Elle s’énervait, c’était mauvais signe et en plus, je sentais Ben s’agiter derrière moi. Je ne voulais pas que sa crise se déclenche à cause de cette femme têtue!
- Y’a bouffé quelque chose, j’en suis sûre!
Elle paniquait, la situation devenait urgente. Je me tournai vers Ben et sifflai entre mes dents.
- T’as rien fait en t’en venant ici non?
- NON! Absolument pas, tu me connais, j’ai touché à personne!!
Il était terrifié, ses yeux roulaient dans ses orbites, dévoilant le blanc. J’inspirai profondément, prête à confronter la femme une fois de plus mais lorsque je me redressai, je constatai qu’elle n’avait pas arrêté de parler et sur le coup, ses paroles me frappèrent durement.
- … p’tête que j’va appeler un prêtre…
- Non! Ok, ok, on va partir, svp, donnez-nous 1 minute.
Mon ton était final. J’avais jeté toute ma force de persuasion et ma volonté derrière ces dernières paroles et j’espérais de manière fervente qu’elle tourne les talons et s’en aille! Elle me toisa hautainement, clairement dégoûtée et quitta la pièce en reniflant.
Eric Serra – 5th Element OST – Protect Life
La tension dans l’air était à couper au couteau. Derrière moi, j’entendais Benjamin respirer bruyamment, au bord de l’hyperventilation. Je m’assurai que la femme était partie avant de me tourner vers Ben.
- Ben, Ben, écoute-moi. Il faut partir d’ici.
- Non, non, la crise est là!
- BEN! Regarde-moi. Fixe mes yeux, ne regarde pas ailleurs et sort du frigo.
J’étais désespérée. L’argument continua pendant quelques instants de plus, nous répétions toujours les mêmes choses mais à chaque fois, le regard bleu ciel de Benjamin demeurait fixé sur le mien de plus en plus longtemps.
Finalement, il accepta de sortir du frigo. Il en sorti lentement, il ne me lâchait pas des yeux et déplia son grand corps doucement dans l’air lourd de la petite pièce. Pendant quelques instants, rien ne se passa. Il me regardait intensément et je ne le lâchais pas des yeux. Il semblait encore craintif mais ne voulait pas risquer de briser le contact, ténu peut-être, qui l’empêchait de perdre son contrôle sur la bête en lui.
Je fermai la distance entre nous, posai mes mains sur ses bras et approchai mon visage du sien.
- I love you.
Les yeux dans les siens j’effleurai ses lèvres doucement. Elles étaient chaudes et sèches, sans traces de la sueur qui couvrait son corps précédemment. Puis, je réalisai que j’avais fermé les yeux et j’étais sûre que lui aussi, avait jeté aux 4 vents cette règle de contrôle car il réagit presque instantanément en entrouvrant la bouche mais le baiser demeura très chaste. C’était doux, c’était chaud et surtout, très tendre. C’était le genre de baiser que des amants de longue date s’échangent pour signifier toute leur dévotion, tout leur amour pour l’autre. Le genre de communion que deux personnes se donnent gratuitement et avec abandon. Le genre de baiser qui se termine toujours, mais sans regrets.
Le mien ne s’est pas terminé. Je me suis réveillée avant la fin.
Humeur: Bonne
Musique: Dusty Springfield "Son of a preacherman"

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