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4 octobre 2008

Indivisible

Vous ne serez jamais heureux en cherchant à connaître en quoi consiste le bonheur. Vous ne vivrez jamais vraiment tant que vous chercherez un sens à la vie. Albert Camus

Un semaine d'une platitude morbide vient de s'enchaîner à une autre tout aussi horrible. Entre mon emploi qui ne me procure ni joie ni satisfaction, il y a le stress de rentrer chez moi, anticipante et de découvrir que malheureusement oui, mon voisin du haut se fiche bien de quoique ce soit d'autre que de sa propre existence. Ce qu'il écoute sur son petit téléviseur, qui il baise ou ce de quoi il se plaint à sa mère/blonde/chum/chat j'en connais plus qu'il ne préférerais que je n'en connaisse, s'il connaissait les circonstances de ma connaissance... (!)

Enfin. Mêlée à tout cela, je cultive un sentiment d'apathie qui se développe au rythme régulier de ma routine bien rodhée. Connaître mes habitudes relève du jeu d'enfant, suffisant simplement de m'observer pendant quelques jours pour savoir excatement où je serai à pareille heure le jour suivant... et l'autre... et l'autre.

Certains soirs, j'évite mon logement comme la peste. Je rentre chez moi plus tard que d'habitude, espérant battre par usure la résilience de cet imbécile heureux qui se terre au-dessus de chez moi. Vous me direz allons, cela fait partie du lot de vivre à plusieurs et vous auriez parfaitement raison. Mais il y a limite entre tolérance et inacceptable et de toute façon, le stress qui s'accumule, je vais le passer comment? Certains soirs, l'envie d'un 2x4 avec un clou au bout n'est pas tout à fait désagréable.

But I disgress...

L'ambiance sociale de mon boulot... pratiquemment la seule "sociality" à laquelle j'ai accès sur un beat quotidien est d'une lourdeur! Le code d'éthique nous proscrit de "potiner" et tout un autre lot de règles et de codes et trop de non-dits font en sorte que nos émotions devraient être stables, immuables et complètements esclaves à ce qui nous attend au bout du fil. On valorise notre individualité dans des meetings à saveur de sucrose/fructose mais on nous robotise sur une base quotidienne. On nous enlève un pied et on s'attend à ce que l'on tende l'autre jambe!

Aide-toi et le ciel t'aideras...

Dans ce cas-ci, aide la commis et la commis t'aideras. La génération du client-roi... du citoyen roi... le moi moi moi qui transpire... non, qui sue à grosse goutes comme de la graisse sur le dessus de n'importe-quel plat de la Belle Province, de notre belle société québécoise si "unique" j'en ai ma claque. Bien-sûr que le Québécois est unique... aucune autre culture au monde ne doit prôner et célébrer l'individualisme de manière si aveugle! Pensez à vous! Soyez-vous même! Démarquez-vous de la masse! Justement, la masse, parlons-en!

Coincée dans le métro, j'ai à loisir le bonheur (ou l'horreur dépendant des jours) d'observer et de constater la faune humaine. Certains jours, un certain monologue me revient à l'esprit où il est question de comparer l'humain à un virus... à une maladie contagieuse et horrible dont ont voudrait se débarasser si seulement on se rendait compte que l'on en était affecté. Le dégoût m'habite alors et j'abhorre le contact de mes semblables et même mon existence me frustre.

Dans ces temps-là, je me renferme sinon je risque d'hurler. Je risque de sacrer, de crier, de révéler des choses qui blesseront, qui choqueront et qui peut-être ébranleront par leur candeur, leur franchise et leur honnêteté. Que certains jurons m'échappent, de manière polie et le plus souvent bien contruits dans une jolie phrase au boulot ne devrait surprendre et déranger personne mais non... bien-sûr que non! Impossible d'y échapper.

You have potential, you're a great kid. Don't waste it by projecting a negative image.

Voilà ce qu'on m'a servi cette semaine après une protestation, somme-toute j'ai trouvé assez politically correct et un reflet assez juste de ce qui c'était passé.

Uno, je ne suis pas une "kid". Enfin, plus maintenant. Entre mon boss et moi, y'a pas 5 ans de différence alors svp, le grand-papa condescendant, tu peux te le mettre...

Deuxio, si je nomme quelque chose "incompétence" c'est sûrement parce que je juge que là, trop c'est trop et qu'il y a une limite aux erreurs stupides qui se répètent non? Et personnellement, je trouve qu'incompétence, c'est tellement gentil comparativement à ce qui est déjà sorti de ma bouche par le passé...

Tertio, je ne projette pas une image négative... je dis les choses telles quelles sont, telles que je les ressent. Y'a peut-être une raison si je suis au bord de la crise de nerfs à chaque fois que je met les pieds dans ce foutu bureau! Y'a peut-être une raison pour laquelle je me tasse dans mon coin, lis des fanfics ou whatever quand je peux et ferme ma gueule!

C'est ironique, ridicule et pathétique tout à la fois. Toutes ces inepties, je les ai vécues à n'y a pas si longtemps mais dans un autre contexte. Je m'en suis sortie plus ou moins indemne parce que quand tu brises des relations sociales, y'a pas de chèque au bout qui part. Là, ben des affaires dépendent de ce travail.

Alors j'espère parce que sinon, que ferais-je d'autre?

*soupir*

Aaridys
Blessed are the hearts that can bend; they shall never be broken. Albert Camus

Humeur: Avec le bruit en haut, je vous laisse imaginer...
Musique: Concerto no 10 en mi bémol pour piano - Mozart

3 comments:

Anima a dit...

aïe, tu patauge en plein plein spleen d'automne :( Tu es beaucoup trop coincé dans ton train-train quotidien, faut que tu change d'air un peu sinon ton presto va finir par sauter. T'a l'esprit trop large pour être capable de supporter le conditionnement sociale, alors c'est normal que tu déprime. Change d'air. Une sortie s'impose!:)

Ania a dit...

He jolie, si tu fui ton logement a ce point la, n'oublie pas qu'il y en a un aussi en haut qui t'attend et t'ouvre la porte tres grande ( j'ai pas vraiment besoin de te l'ouvrir puisque tu as deja la cle héhéhé ) Vien prendre un bon cafe chez moi et je suis d'accord avec Anima, une grande sortie, un changement d'air s'impose

En attendant GROS GROS GROS Calin

Anonyme a dit...

De la difficulté avec l'imbécilité, l'incompétence humaine? Bien venue dans le club ma chère : je suis aussi abérée que toi. Je ne me lancerai pas dans de nombreux détails croustillants, mais disons que les caves qui me servent de patrons à mon boulot, ma coloc qui me fait légèrement rusher... Si je puis me permettre, c'est beaucoup plus que d'une sortie dont tu as besoin, c'est d'un changement radical. Je me dis souvent ça : besoin de partir loin (mais longtemps). Je suis vraiment rendue au point où je dois vivre de mes talents. Je n'en peux plus de vivre dans une société qui ne nous apporte que des dettes et des dépressions nerveuses (ou burn out).

Il y a quelque chose de tragique là-dedans car effectivement, comme tu le démontres si bien, les gens ne sont pas habitués à se faire dire la vérité toute crue. Pourtant, ça n'a rien de si épouvantable que d'être capable de pointer ce qui ne va pas. Mais ça fait peur, ça écoeure. Ça viole le beau blanc immaculé du mirage du bonheur, du "american dream". Ça empêche les gens de pouvoir se flanquer au cou l'étiquette pré-fabriquée que la société leur réservait et ce, depuis bien avant leur naissance.

Bref, ceci dit (et j'en aurais encore beaucoup à dire mais je dois continuer de me préparer afin de quitter bientôt pour aller à l'Université), ça nous prend une bouffe sushi bientôt.

:)