Beyond Immon's Gate
Kernios, Earthlord, sleeper of stone,
Take this soul in your arms as this body fades,
In the cool wet soil that is your home.
Beyond Pig's Gate,
In the land of Twilight.
Think of those still above, weeping and alone,
A gentle prayer, Kernios Hades,
In the dark hall that is your home.
from Tad William's Shadowplay
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La nuit du désert se refermait lentement sur les voyageurs. Ceux, trop épuisés pour continuer tombaient là où ils étaient et se lovaient au creux des dunes un espace suffisant pour dormir. D'autres, plus chanceux, montaient tentes et abris et tentaient tant bien que mal de s'accomoder aux rudes conditions d'une nature ingrate.
Les étoiles le fascinaient. Sous leur regard scintillant tant d'hommes et de femmes s'étaient connus, avaient aimés, haït et étaient morts et toujours elle étaient là, toutes les nuits et comme il l'avait apprit tout jeune, tous les jours également. Les étoiles, avait dit son père, seront toujours dans le ciel pour guider l'homme qui a perdu sa route. Il suffit simplement de lever les yeux et elle seront là. Il serra les dents mais cessa rapidement, sa mâchoire lui faisant trop mal. Que pouvait faire les étoiles quand le chemin perdu n'était pas sur cette terre?
Son corps, lézardé de coupures et de bleus portait la marque de cet égarement. À chacun de ses mouvements, un muscle protestait ou parfois, il le craignait, un os. Il avait perdu deux molaires et de sa bouche, il n'arrivait pas encore à effacer le goût amer et métallique du sang. Il avait refusé les soins immédiats d'Anima et d'Ania. Mais les blessures de son corps lui importaient peu pour le moment, moins que celles de son esprit qu'elles reflétaient.
Alors qu'il se précipitait dans la château impérial, il n'avait pas eu le temps de questionner le serrement de peur qu'il avait ressenti lorsqu'Ania avait lui la sentence de mort de Genma. Il avait réagit, tout simplement. Un acte automatisé qu'il avait brièvement analysé alors qu'il ouvrait une quantité indécente de portes aux étages supérieurs mais qu'il avait rapidement placé de côté pour plus tard lorsqu'il l'avait finalement retrouvée, amorphe et sans réponse.
Maintenant, tout en achevant sa réserve de bandages en tentant de mettre son bras en écharpe, la réponse lui apparaissait trop clairement pour qu'il ose même y songer. En fait, sa réponse, il l'avait eue lorsque le fou d'empereur avait décidé de lui démontrer son attachement pour Genma. Mais de ces longs instants, il préféra rien se remémorer, sinon de la vue de son corps exposé, torturé et manipulé négligement, comme un enfant ferait d'une poupée trop vieille pour être vraiment chérie ou d'un homme d'une catin qui a passé ses jours de gloire. Il chassa vite les images de sa tête. Il se crispait à chaque fois qu'il y pensait et son corps lui rapellait diligement les tourments pas lesquels il était passé.
Lorsqu'ils étaient sortis, elle n'avait pas voulu qu'il ne la touche. Il avait compris mais le temps était mal choisit. Ravalant son orgeuil et son inquiétude, il avait préféré lui indiquer qu'elle n'avait qu'à ne pas le considérer comme un homme mais comme un allié; un outil pour se sortir du pétrin, tout au plus. Maintenant, elle ne faisait pas grand cas de ce qui s'était passé et il ne savait si c'était parce que la drogue lui avait effacé la mémoire, qu'elle avait vécu pire ou bien, comme il le suspectait, qu'elle était bien trop orgeuilleuse pour n'en monter trace. Cela lui convenait parfaitement. Il préférait ne pas trop attirer l'attention, après l'horrible scène qu'il avait causé en sortant de la ville.
Il était mortifié au seul souvenir de sa réaction. Qu'il ait été en colère était juste mais qu'il s'en prenne aux Tengus, tous individus confondus, non. Sur le coup, bien-sûr, ce n'était pas tous les Tengus qu'il charriait dans sa grogne. Dans sa tête, certains individus se démarquaient brillament mais ses paroles avaient dépassés sa pensée. Hikaru le lui avait signalé de la pire manière possible. Alors qu'il était couché par terre à se prendre encore de coups d'un autre membre de la gent masculine Tengu, tout ce qu'il voyait, ce n'était pas le visage du jeune homme; c'était celui de l'empereur, lui offrant le même traitement pas même quelques heures plus tôt et il ne réagit point, tout comme il l'avait fait. Sauf que cette fois, il n'y avait pas de Genma pour fixer son regard. Il n'y avait que les étoiles.
Il ferait des excuses à Hikaru le lendemain. Si celui-ci acceptait de lui parler.
Pour l'instant, il s'appliquait à traiter ses bleus les plus sévères et se remettait en grogne dès qu'il pensait à toute l'horrible situation avec Genma. Il se choquait de savoir qu'un homme pouvait s'abaisser à être si vil avec une femme, même Tengu et sa colère n'allait pas en diminuant en pensant à l'attitude nonchalante de Genma face aux mauvais traitements qu'elle subissait. Éolair était persuadé que ce n'était qu'une façade mais tout de même. Et au fond de lui-même, il était frustré de voir à quel point il avait du mal à penser à autre chose pour plus de deux minutes à la fois et de constater qu'il était trop lâche pour ouvrir cette boîte dans laquelle il jetait toutes les pensées de ce genre à chaque fois qu'elles lui traversaient l'esprit.
Il avait promis à Genma de l'aider dans sa vengeance mais plus il analysait la situation, plus il était persuadé que pour punir cet homme et le faire souffrir, il fallait qu'elle l'abandonne. Qu'elle ne revienne plus jamais lui chercher réparation. Setsuna lui avait dit lui-même, alors qu'il lui arrachait lentement la peau du dos; son plaisir était de savoir qu'invariablement, elle lui reviendrait. Mais Genma écouterait-elle? Et quel droit avait-il seulement de lui dire quelque chose comme ça alors que lui-même désirait une vengeance plus que tout?
Tout cela, il y avait pensé pendant les heures qu'il avait passé avec l'empreur. Son regard s'était fixé sur Genma et c'est tout ce qui lui avait permis de rester en vie. Alors que ses poumons avaient cessé de prendre de l'air et qu'il avait recraché une quantité malsaine de sang, il avait gardé son regard sur elle. Il s'était relevé à chaque fois, sachant pertinement qu'un coup attendait toujours qu'il le fasse et il les avaient reçus sans broncher. Il l'aurait fait jusqu'à sa mort si ce n'avait été de l'intervention de Sonia.
Maintenant, il devait prendre cette boîte et l'ouvrir.
Je suis un imbécile, pensa-t-il, pardonnez-moi Maegwin. J'arrive toujours trop tard.
La tête dans les mains, il fixa le sol et tenta de faire le vide dans on esprit. Au-dessus du petit camp, les étoiles elles, continuèrent leur course.
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Ouf, extrêment dur d'exprimer ce que ce pauvre homme a du mal à s'admettre! Si ses pensées vous paraissent disjonctées, c'est qu'elles le sont et tout ceci est purement intentionel. Prions pour lui! ^_^
Aaridys
Musique: "All of Them" Hans Zimmer's King Arthur

1 comments:
ROUUUUUUUU! J'aime trop Eolair!
Poauvre de lui... j'aimerais bien un jour connaitre l'intégralité de ses secrets... c un perso tellement complet... de ce que je voit en tk! *S
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