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5 juillet 2007

Vers l'horizon

Éolair Comte de Nad Mullach
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Les sages parlent du destin comme d'un sentier unique, sinueux et rarement clair mais toujours présent. Les enfants n'y croient pas et les anciens l'ont déjà accompli. Les dieux toujours présents dans le ciel, veillant sur la terre et ses habitants d'un regard bienveillant; voilà l'image dont tous souhaitent qu'elle soit vraie.
Longtemps, dès son retour, il avait prit ses repas tranquillement et avait passé les soirs longs et chauds de l'été assis sur le même banc qu'il avait partagé avec son père étant jeune et avait étudié les étoiles. Ses yeux, rivés sur la voûte du ciel cherchaient à voir au-delà des astres. Son visage trahissait ce que peu avaient jamais vu ou compris; une vision du Valhalla. C'était comme s'il apperçevait les champs verdoyants de Perin, comme s'il pouvait goûter l'air parfumé du domaine du Dieu. Parfois, il souriait, sans trop savoir pourquoi.
Les semaines passaient et il se questionnait chaque jour un peu moins. Les moissons mûrissaient et il serait bientôt temps des récoltes. La routine qui l'avait accompagné pendant les longues années de son enfance, le va et viens des jours longs, gravé dans son corps et son esprit lui revenait comme une seconde peau. Bientôt, sans qu'il su trop comment, les jours racourcirent et il fallut engranger.
Puis, vint l'automne avec ses ors et ses rouges bien vite suivits des premiers froids - l'inaction.
Après une semaine seulement, il ne tenait plus en place. Le temps ne permettait plus les travaux extérieurs et de toute façon, tout était prêt pour les longs mois d'hiver. Il était assis un soir dans la bibliothèque, contemplant une fois de plus les événements des mois passés, comme un enfant jouant avec une plaie; la douleur lui rappellant tous les jours qu'elle était bien là- bien réelle lorsque la porte s'ouvrit en trombe sur une silhouette qu'il n'avait pas espéré revoir si tôt.
Bien-entendu, elle lui secoua l'esprit autant que le corps, si ce ne fut que de son arrivée spectaculaire. Elle avait effrayé tous les tenanciers dans la cuisine et ils s'y terrèrent jusqu'au petit matin. À leur sortie, ils trouvèrent le salon vide et l'écurie diminuée d'un palefrois et d'un solide hongre bai blasé dont pas même un socle de charrue éclatant à deux mètres de ses sabots n'avait pu le faire secouer l'échine. Il pensa que tous avaient bien dû se moquer et sourire en secouant la tête doucement.
Ainsi s'enchaînèrent les saisons. L'hiver, le printemps, ils chassaient, parcourraient le monde et découvraient ce qui les faisaient rire ou rager. Lorsqu'il apprit la naissance du Prince Marcus, il eut une pensée pour Ragnos et son grand roi mais surtout, pour sa Dame, douce Anima. Il envoya des présents et su que Wayne les avaient reçu simplement par le visage du messager lui retournant les remerciements. La nature de ses proies permettait la création d'objets fabuleux, pourvu qu'il réussisse à avoir deux minutes de paix - Mériko possédant une rancune tenace.
L'été et l'automne étaient passés à Nad Mullach, son domaine, sa terre. Il ne la laisserait plus jamais sombrer dans la noirceur et tous les six mois, il s'appliquait à la faire refleurir, chaque fois un peu plus, tout comme il cultivait une autre fleur, plus sauvage, unique et si belle tous les jours que Cécil lui offrait. Qu'elle choississe de rester à ses côtés le comblait; rien d'autre n'était nécessaire. Il connaissait son coeur ou comme elle se plaisait à lui rappeller, en découvrait tous les jours un peu plus. Il savait que malgré que les blessures de sa chair aient déjà disparu, celles de son coeur prendraient une éternité à guérir. Il attendrait; il serait là. Toujours.
Ryu Ue
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Je me souviens de la fin du monde. Un instant, je courrais à travers la forêt, fou de douleur et de colère et l'instant d'après, j'étais de nouveau chez moi et Jasna criait, criait de joie alors que ma mère émergeait de sa chambre, souriante, suivie de Présage.
Oui, il est revenu. Yue a ramené ton fils.
Et ce fut à ce moment que le monde revint à la vie.
Après toutes ces années, cette image reste encore gravé dans mon esprit, aussi vivide que si c'était arrivé hier. Toutefois, à chaque fois que je plonge mon regard dans les yeux rieurs de mes enfants, je sais que ce moment est maintenant passé; un souvenir, sans plus.
Jasna tint ferme sa résolution et deux ans après l'arrivée de Tôga, un autre fils vit le jour dans le Clan des Iles. Liam, un petit bout d'homme identique à son frère, surtout la tignasse de cheveux indomptables mais avec un tempérament comme sa mère. Puis, un an plus tard, la surprise; deux petites princesses, toutes deux pareilles en tout point. Jasna les nomma Mari et Ako. À ce jour, elles restent mes petites filles chéries, des copies carbone de leur mère, sauf dans leur regard si tranquille, me rappelant ma propre mère et mon oncle Cho. Parfois, je me demande si elles peuvent se parler comme moi et Fai, à travers leur coeur.
Peu de mots peuvent englober l'ensemble d'une vie. Le poids de l'expérience, l'ampleur de la mémoire, l'immense pouvoir de l'amour. Lorsque le temps s'arrête, trébuche et puis repart dans un cahot, peut-on parler de fin du monde? Beaucoup de sacrifices nous ont menés jusqu'ici mais voilà, nous y sommes. Les ancêtres de mon peuple d'ont jamais cru aux dieux et les Ues ne commençeront certainement pas aujourd'hui. Pour moi, il n'y aura jamais de dieux. Il y aura un homme de grande droiture et une femme dont le plus grand pouvoir ne réside pas dans ses réserves infinies de magie mais bien dans son coeur; son amour pour nous, pour la vie.
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Aaridys
Humeur: Très happy
Musique de circonstance: 'Whatever Happened to the Heroes?' Joss Stone

1 comments:

Ania a dit...

grand soupir,

tu sais vraiment comment ecrire de belle fin gaga

gros gros calin