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29 mars 2007

And they lived happily ever after... and after? Partie 1

La nuit était profonde, le vent refroidit par les premières touches de l'automne faisait siffler les feuilles sèches des rares arbres qui perdraient leur ramure pendant le doux hiver des îles du sud. La lune était presque pleine, solitaire dans sa grande étendue d'espace. L'air se nettoyait des dernières traces de l'été et les constellations d'hiver commençaient à pointer leur nez à la ligne de l'horizon.

Dans une demeure abritée par les bois, tout près des ravins qui donnaient sur la mer, plusieurs chandelles teintaient les papiers de riz d'ombres effrayantes. L'activité était intense, on allait et venait rapidement d'une pièce à l'autre et pourtant, sous le porticulis, près du jardin, deux silhouettes se tenaient parfaitement immobiles. Un homme d'un âge assez avancé était confortablement installé sur un coussin, sa pipe à la main. Son air serein ne trahissait aucune émotion et il observait l'immense arbre qui trônait dans son jardin, dont les racines avaient quelque peu envahi l'étang et qui serait sa fièrté s'il n'en était de sa couleur; en effet, l'arbre était d'une teinte de rose violente avec des feuilles de la couleur des fleurs de cerisier au printemps. Il ne fleurissait jamais et pour le plus grand malheur du vieil homme, ne perdait jamais ses feuilles en hiver non-plus.

Son compagnon semblait absorbé dans ses pensées, son regard attiré de temps en temps vers les portes sohji qui s'allumaient de temps à autres lorsqu'une silhouette passait devant rapidement. Il était calme, très grand et assis nonchalament sur le rebord de la gallerie, une jambe dans le vide. Il allait dire quelque chose lorsqu'un cri déchira la nuit.

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Lorsqu'elle apprit qu'elle attendait un enfant, elle paniqua et sur le coup, me fit paniquer aussi. C'était ma faute et j'ai crains qu'elle ne m'en veuille. Puis, elle s'est jetée à mon cou et m'a finalement donné une réponse; oui.

J'étais au-delà de moi-même et elle aussi sauf qu'elle l'exprimait différement. Elle allait d'une personne à l'autre en s'exclamant joyeusement; moi, je ne pouvait que rester là avec un sourire très assurément idiot sur le visage à me prendre des claques dans le dos.

Nous sommes restés pour le couronnement de Wayne et bien-sûr, son mariage. Comment aurions-nous pu manquer pareille occasion? Je pouvais finalement me moquer de lui et l'embêter sur sa femme. Anima fit une très belle mariée mais il était difficile à l'époque de me concentrer sur autre chose que cette merveilleuse femme qui avait accepté de m'épouser et qui de surcroît, portait mon enfant! Certaines choses, heureusement, ne changerons jamais.

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À la suite de ce cri, l'activité déjà intense de la maison augmenta encore et l'air se chargea de cette anticipation qui précédait toujours les événements d'envergure. Sur la véranda, rien n'avait changé sinon ce n'est d'une personne de plus, une femme, petite et silencieuse qui s'était assise près du plus vieux des deux hommes et qui buvait un liquide fumant d'une petite tasse. Un petit sourire plissait ses lèvres à chaque gorgée mais son calme était total. Ce qui se passait derrières ces portes, elle l'avait déjà vécu, tout comme des milliers d'autres avant elle et sûrement plus après. Sa présence n'était pas nécessaire, plus à ce point.
Derrière les portes, un long corridor encombré de bacs et de piles de linges sales donnait sur une petite pièce sombre dans laquelle semblait entrer beaucoup plus de gens qu'elle ne pourrait en contenir. Pourtant, une fois passé le seuil, ce qui en apparence était un réduit se métamorphosait en grande pièce aérée, séparée ici et là par des paravents et des meubles et dont l'autre extrémité donnait sur un petit jardin privé. Pour l'instant, cet accès était fermé et l'on ne pouvait que deviner la végétation qui s'agitait à l'extérieur sous les rafales du vent.
À travers les corps qui se massaient dans l'enceinte, on pouvait entrevoir la silhouette accroupie d'une jeune femme et d'un homme agenouillé à ses côtés et qui semblait ne plus savoir quoi faire de sa peau. Dans sa main, une autre plus menue lui écrasait les doigts mais il ne disait rien. Il regardait tour à tour la jeune femme et son ventre gonflé et la vieille dame qui allait et venait calmement dans la pièce.
Prise dans les douleurs de l'enfantement, la jeune femme gémissait à intervales et tentait de retenir ses cris lorsque les contractions devenaient trop intenses. Son visage était baigné de sueur.

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Quand nous sommes rentrés à la maison, ma mère nous attendait sur le porche. Elle avait eu des nouvelles et en savait déjà plus que ce que je n'allais lui conter. Et elle voyait. Elle savait reconnaîtres les signes et savait que Jasna attendait un enfant. Elle lui ouvrit les bras et la salua comme sa fille, de cette façon typique des Ue de se tenir à bout de bras, de se scruter attentivement avant de s'étreindre intimement.
S'ensuivirent quelques jours trop courts pour tout ce qu'il y avait à faire. Puisque j'étais maintenant rentré et déterminé à rester il me fallait à moi et ma mère contacter les personnes concernées par le changement de pouvoir qui se produirait dans le domaine afin d'en assurer la légitimité et réorganiser nos espaces de vie. Ma soeur, toujours présente, avait reprit un peu plus goût à la vie, je le voyais dans les petites choses qu'elle s'appliquait à faire. D'ailleurs, la notion que je ramenasse une épouse à la maison et de surcroît, une épouse enceinte la fascinait. Je laissai donc les deux jeunes femmes faire connaissance.
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La tension était à son comble. Voilà presque douze heures que l'enfant se faisait attendre et toujours pas de signes prometteurs. La sage-femme demeurait calme pour le bien de l'assemblée mais son esprit était agité. Il fallait que cet enfant vienne au monde rapidement sinon la mère aussi serait en danger. Elle prit une grande inspiration et décida qu'il était temps de s'y mettre sérieusement. Elle se tourna vers la masse de gens coincée dans l'embrasure de la porte et fit signe à une des jeunes servantes d'entrer avec sa pile de linges propres et une basine d'eau chaude. Puis, lorsque tout ceci fut fait, elle ferma le panneau d'un coup sec et ce, au nez et à la barbe de toutes celles qui étaient maintenant interdites d'accès à la pièce.
Puis, se retournant vers sa charge, elle souleva ses manches et s'avança sans cérémonie vers le couple. La jeune femme, couverte de sueur, haletait et ne semblait vouloir que se coucher sur le dos et dormir. Son mari, la sage-femme remarqua, lui lançait des regards inquiets et elle prit un instant pour lui accorder son attention.
"Ne vous en faites pas, lui dit-elle, un premier enfant prend toujours plus de temps que les suivants. Mais votre dame est forte, ça ne sera plus très long."
Elle sourit, malgré elle et donna ses instructions à ses aides et sourit plus franchement lorsqu'elle vit son seigneur et maître se dépêcher d'aider aussi. Une briève pensée lui traversa l'esprit et lui rendit un peu de bonne humeur; les hommes sont tous pareils. Dans des moments comme ceux-ci, ils sont tellement détachés de ce qui se passe qu'ils ne savent plus quoi faire pour se rendre utiles.
Puis, de ses mains expertes, elle se mit à masser le ventre gonflé; poussant ici, tirant là et lentement, guida l'enfant vers la vie. La jeune femme avait tenté de retenir ses cris mais épuisée et ressentant de nouvelles douleurs jusqu'alors inconnues, elle ne put s'empêcher hurler quelques fois. La vieille femme s'attendait bientôt à entendre les traditionnels reproches à l'attention de son seigneur mais aucuns ne vinrent. Toutefois, jamais la jeune dame ne lâcha la main de son époux et jamais il ne la quitta des yeux.
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Il en prit une semaine avant que tout soit quelque peu installé et que la réorganisation de la maisonnée ne soit stabilisée. Ensuite, il en fallu une autre pour les préparatifs du mariage. Quelle ne fut ma joie lorsque mes amis répondirent tous à l'appel et ce fut une belle période de temps. Des délégués officiels de chaques branches du Clan s'étaient déplacés pour signer les papiers d'héritage et aussi le contrat de mariage, l'authentifiant et assurant que Jasna était maintenant un membre officiel de la famille. Cela causa de drôles de rencontres et d'intéressantes conversations aussi. Ania semblait se porter un peu mieux et j'en fit part à Yue. Sa présence me rassurait. Avec tout ce qui s'était passé dans les derniers mois, j'avais eu peur que notre contact ne se refroidisse. J'avais passé une étape de la vie que mon meilleur ami n'effleurerait pas avant un moment, je pensais et c'était un étrange sentiment à avoir lorsqu'on discutait. Mais il était resté fidèle à lui-même.
Puis, les semaines s'enchaînèrent tranquillement et ne furent pas très troublées, à l'exception du deuxième mois de grossesse où Jasna se mit à être violemment malade à toute heure du jour et de la nuit dès que la notion de nourriture lui traversait l'esprit. Ma mère prit en charge cette passe, m'assurant qu'elle avait eu une réaction tout aussi intense lors de sa propre grossesse et eut tôt fait de calmer l'estomac de ma bien-aimée avec quelques herbes dont elle ne voulut révéler la provenance, sinon qu'elles avaient appartenues à un puissant sorcier autrefois.
Et dans le troisième mois, ils commençèrent à arriver.
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C'était la dernière poussée. La vieille femme avait usé de tout son art, maintenant, il fallait que la future mère fasse sa part. Les deux mains autour de la couronne de cheveux emêlés de l'enfant presque né, la sage-femme donna ses instructions.
"Maintenant ma dame, dit-elle sans lever les yeux. Son ton était condescendant mais n'offrant aucune possibilité d'argumentation. Il faut faire un effort. Ça sera le dernier mais il faut donner tout ce que vous avez."
Elle fut surprise d'entendre ce qui ressemblait à un rire à demi noyé sous les grognements et quelques jurons bien sentis de la part de la future mère.
"Tout... ce... que... j'ai.., murmurait la jeune femme et elle souriait."
Alors que la contraction montait, la sage-femme vit sa maîtresse renverser la tête en arrière, l'appuyant contre la poitrine de son mari et prendre une profonde inspiration. C'était maintenant ou jamais.
Elle hurla si fort que tous les serfs du domaine arrêtèrent ce qu'ils faisaient un instant et ceux qui étaient présents il y a 21 ans se souvinrent d'une autre nuit semblable où une femme que l'on croyait muette avait donné de la voix de semblable façon.
Cela ne dura qu'un instant.
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Ils arrivaient parfois seuls, parfois en groupes de trois ou quatres. Femmes et hommes confondus mais pour la plupart jeunes et ils demandaient tous la même chose; entraînez-nous. La première fois, j'étais dans le jardin, accompagné de maîtres Kazuya et Kazuma. Je n'étais donc pas certain de qui ils demandaient cela. Mais lorsque maître Kazuma s'en fut avec un rire moqueur et maître Kazuya avec une tape dans le dos et qu'il ne restait que moi, debout là avec un air un peu vacant, je dût me rendre à l'évidence. C'était à moi qu'on parlait!
C'était complètement ridicule! J'étais beaucoup trop jeune et inexpérimenté pour prendre un apprenti! Qui plus est, je ne voulais pas d'élève!
Alors je les refusait, au début poliment et ensuite, avec de plus en plus de fermeté car si certains acceptaient cette décision, d'autres prenaient ce refus comme une épreuve et tentaient tant bien que mal de revenir à l'assaut plus tard. Alors en accord avec mon oncle et ma mère, nous avons instauré un processus de sélection qui menaient invariablement à un échec mais qui au moins, forçait les candidats à reconsidérer leurs raisons et bien entendu, cela prennait du temps. Du temps que j'utilisais à m'occuper du domaine et de Jasna.

Ma charmante épouse trouvait la situation très drôle au début mais déchanta rapidement lorsque des Tengus commencèrent à visiter sous prétexte de voir cette Miama étrange qui avait épousé un humain et créé un arbre rose parfaitement viable. Il y eu quelques moments désagréables lorsque certains d'entre eux demandèrent à la servir ou à s'instruire auprès d'elle. Ils déchantaient vite lorsqu'ils la voyaient grosse de notre enfant et bien-sûr, avec ce manifique air farouche qui réduisait n'importe quel homme sensé à, eh bien, pas grand chose de cohérent. J'en ai affronté quelques uns et c'était probablement là une tâche plus déplaisante encore que de refuser des candidats qui voulaient que je leur enseigne. Les Tengus qui m'affrontaient savaient que j'avais amputé un des leurs, un chef assez influent et puissant et ils se servaient du prétexte de vouloir conquérir la Miama pour se mesurer à moi. J'avais ces combats en horreur. Tous étaient très sérieux et je devais me battre avec attention sans quoi, les résultats auraient pu être très désagréables. Heureusement, après un temps, ceux-ci cessèrent et il ne resta plus qu'un flot régulier de visiteurs.
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C'était un garçon, il avait les yeux complètement rouges et une bonne tignasse de cheveux et personne ne semblait surpris! La sage-femme avait déposé l'enfant avec un regard d'appréhension sur la poitrine de la nouvelle mère mais rien de se trahissait sur les visages des nouveaux parents qu'un bonheur total et pur.
Quelques instants passèrent alors que l'on reprit l'enfant pour le laver ainsi que la mère épuisée. Une fois que tous deux furent de nouveau au lit mais propres, la vieille femme donna quelques dernières instructions et se retira. À l'extérieur, sa véritable maîtresse attendait. Elle reçu les nouvelles avec sa sérénité habituelle et on la laissa entrer.
La dame en question prénétra silencieusement dans la grande pièce fraîchement aérée et constata l'état des choses au centre de celle-ci, dans l'amoncellement de couvertures qui en ecombrait presque la totalité. Sa bru rayonnait de cette aura propre aux jeunes mères alors que son enfant prenait déjà son premier repas et à ses côtés, son fils, fasciné ne pipait mot.
Ryu
Il leva la tête lentement, comme un homme qui s'éveille après une longue nuit et lui sourit comme il ne lui avait sourit depuis très très longtemps. Comme il ne lui avait sourit depuis que sa soeur jumelle les avaient quittés, il y a de cela très longtemps.
"Mère, commença-t-il doucement. J'ai un fils."
Et la dame sourit à son tour comme elle avait sourit à son propre fils lorsqu'elle l'avait tenu dans ses bras pour ses premiers instants dans le monde.
Et quel est son nom?
"Tôga..."
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Aaridys
'Chevalière en armure, pour vous servir!'
Is it just enough to move on? To die to acheive a cause? - Of course. Eolair of Nad Mullach
Humeur: Accomplie
Musique: 'Sweet Madam Blue' Styx

2 comments:

Anima a dit...

C'est juste trop beau ! J'adore ton style romanesque d'écrire, c'est vraiment très doux a lire.

lol je voyais Ryu sur le bord de la panique moi le jour de l'accouchement.

Quentin a dit...

Trop mignon! *S

J'ai thrs pas l'addresse de tes autres écrits... T_T